La Sentencia de la Cour de cassation, Primera Sala Civil, de 17 de junio de 2026, recurso n.º 24-16.004, desestima el recurso de casación interpuesto contra la sentencia de la Cour d’appel de Reims que había rechazado el reconocimiento y la ejecución en Francia de dos resoluciones dictadas por un tribunal del Estado de Nueva York en un litigio derivado de un contrato de agencia comercial.
Antecedentes
El demandante solicitó el execuátur de dichas decisiones, obtenidas tras un procedimiento seguido ante un jurado popular estadounidense, mientras que la sociedad francesa demandada se opuso alegando, entre otros motivos, que las resoluciones carecían de motivación suficiente para permitir el control exigido por el orden público internacional francés. Tanto el tribunal de primera instancia como la Cour d’appel rechazaron la solicitud de reconocimiento al apreciar que las sentencias estadounidenses se limitaban a recoger el veredicto del jurado sin expresar las razones que lo sustentaban y que tampoco se habían aportado documentos procesales equivalentes que permitieran reconstruir el razonamiento seguido por el órgano jurisdiccional. Frente a esta decisión se interpuso recurso de casación, sosteniendo que la ausencia de motivación era inherente al sistema procesal del Estado de Nueva York y que la negativa al reconocimiento suponía una restricción desproporcionada del derecho de acceso al juez extranjero.
Apreciaciones del Tribunal
La Cour de cassation recuerda que, en ausencia de convenio internacional aplicable, el juez francés únicamente puede conceder el exequátur cuando concurren los requisitos tradicionales de competencia indirecta del tribunal de origen, ausencia de fraude y conformidad de la resolución con el orden público internacional francés, sin que le esté permitido revisar el fondo del litigio. En relación con este último requisito, la Sala reafirma su doctrina según la cual resulta contrario al orden público internacional procesal reconocer una resolución extranjera desprovista de motivación cuando la parte interesada no aporta otros documentos procesales que permitan suplir esa carencia y conocer las razones que condujeron a la decisión. Precisa asimismo que el juez del exequátur debe valorar conjuntamente todos los documentos disponibles —incluidos escritos de las partes, transcripciones de las actuaciones o cualquier otra pieza procesal pertinente—, correspondiendo al solicitante acreditar suficientemente el contenido y fundamento de la decisión extranjera. Como en el presente supuesto no se aportó documentación capaz de suplir la ausencia de motivación de las resoluciones dictadas por el tribunal estadounidense, la Cour de cassation concluye que la negativa al exequátur resulta plenamente conforme con el orden público internacional francés y desestima el recurso
De conformidad con la presente sentencia
“(…)
- Aux termes de l’article 509 du code de procédure civile, les jugements rendus par les tribunaux étrangers et les actes reçus par les officiers étrangers sont exécutoires sur le territoire de la République de la manière et dans les cas prévus par la loi.
- Pour accorder l’exequatur, le juge français doit, en l’absence de toute convention internationale, s’assurer que trois conditions sont remplies, à savoir la compétence indirecte du juge étranger, fondée sur le rattachement du litige au juge saisi, la conformité à l’ordre public international de fond et de procédure ainsi que l’absence de fraude. Il lui est interdit de réviser au fond le jugement.
- Est contraire à la conception française de l’ordre public international de procédure la reconnaissance d’une décision étrangère non motivée lorsque ne sont pas produits des documents de nature à servir d’équivalent à la motivation défaillante. Pour effectuer son contrôle, le juge de l’exequatur prend en considération l’ensemble des documents versés, sans devoir exclure les pièces de procédure et sans se limiter aux seules pièces de fond. Il peut s’agir notamment de l’acte introductif d’instance devant la juridiction étrangère, de la transcription des débats, des réquisitions du ministère public, des écritures des parties ou des témoignages. Il incombe au demandeur de produire de tels documents.
- Après avoir indiqué que c’était à la requête de M. [J] que ses demandes avaient été jugées dans le cadre d’un procès devant un jury, l’arrêt constate, d’abord, par motifs propres et adoptés, qu’aucune motivation ne ressort du jugement initial du 29 mars 2022 énonçant le verdict après délibération du jury en faveur de M. [J], et que le jugement révisé du 5 décembre 2022, qui n’est que le prolongement du premier, n’est pas davantage motivé que le précédent, ces jugements ne mentionnant aucun acte de saisine en visa, ni les principales étapes de la procédure, ni la nature des condamnations prononcées, ni les motifs permettant de connaître les considérations de droit et de fait ayant conduit aux condamnations prononcées.
- L’arrêt relève, ensuite, par motifs propres et adoptés, que le document lacunaire intitulé « Verdict Form », sur lequel il ne peut être constaté que la mention d’une réclamation faite au titre de la rupture du contrat et le droit accordé à M. [J] de percevoir à ce titre des dommages et intérêts à hauteur de 1 500 000 dollars, s’il permet de connaître la nature de la condamnation prononcée, n’éclaire pas davantage sur les considérations de droit et de fait retenues pour justifier l’octroi de dommages et intérêts et ne permet pas de s’assurer que le déroulement du procès a permis aux défenderesses de connaître les motifs de la condamnation, ainsi que les critères retenus pour fixer le montant de celle-ci. Il en déduit que M. [J] ne produit aucun document de nature à éclairer les décisions américaines, de sorte que la juridiction n’est pas en mesure de s’assurer que la coopérative a eu connaissance des motifs de sa condamnation et a bénéficié d’un procès équitable, au sens de l’article 6, § 1er, de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales.
- En l’état de ces constatations et appréciations souveraines, c’est hors toute dénaturation dès lors que l’imprécision du « Verdict Form » rendait son interprétation nécessaire, que la cour d’appel a retenu, à bon droit, que les décisions américaines non motivées n’étaient pas conformes à l’ordre public international de procédure.
- Dès lors qu’il ne ressort pas des conclusions d’appel que M. [J] ait soutenu que le refus d’exequatur portait une atteinte disproportionnée à son droit d’accès au juge, la troisième branche, nouvelle et mélangée de fait et de droit, est irrecevable.
- Pour partie irrecevable, le moyen n’est pas fondé pour le surplus”.
Obs.. La sentencia confirma la orientación cada vez más exigente de la jurisprudencia francesa en materia de reconocimiento de resoluciones extranjeras. Aunque el juez del exequátur no revisa el fondo del litigio ni los posibles errores de hecho o de Derecho de la resolución extranjera, sí controla el respeto del orden público internacional, especialmente en su dimensión procesal. La Cour de cassation recuerda que la falta de motivación de una sentencia extranjera no impide necesariamente su reconocimiento, siempre que dicha motivación pueda reconstruirse mediante otros documentos del procedimiento, como la demanda, los escritos de las partes, las transcripciones de las vistas o las declaraciones testificales. La decisión pone de relieve la importancia práctica de acompañar a la solicitud de exequátur toda la documentación procesal necesaria para acreditar el razonamiento seguido por el tribunal de origen, especialmente cuando se pretende ejecutar en Francia sentencias estadounidenses dictadas tras un veredicto de jurado, cuya fundamentación no suele figurar en la propia resolución.
